« Qui nous roulera la pierre à l’entrée du tombeau ? »

“Qui nous roulera la pierre à l’entrée du tombeau ? Se demandent en chemin les femmes au petit matin de la résurrection ?” Marc 16,3.

Chers frères et sœurs membres de la Communauté des Foulards Blancs, 

Cette question qui habite le cœur des femmes qui se rendent au tombeau de Jésus n’est–elle pas, pour nous, en cette fête de Pâques d’une étonnante actualité ? Sous maintes formes, n’est ce pas une question qui monte aussi de nos cœurs aujourd’hui ? Tant de situations apparemment sans issue, telles des pierres que l’on ne peut soulever. Malgré tout cela ces femmes avancent, portant leur parfums dans une totale gratuité d’amour pour accomplir un geste de compassion envers leur Maître et Seigneur. Une réponse va être donnée à leur question lancinante : la pierre est roulée, et pourtant elle était fort grande nous dit l’évangile de Saint Jean. Mais c’est surtout l’inattendu, l’inespéré, le non-pensable, l’intervention de Dieu : « vous cherchez Jésus le crucifié. Il est ressuscité. Il n’est plus ici. Voyez le lieu où il avait été déposé »(Mc 16,6). Il nous faudrait recevoir à neuf, dans le silence du cœur, cette Évangile, cette bonne nouvelle, l’unique finalement, qui résiste à tout – qui seule peut éclairer, fortifier, retourner nos voies sans issues fermées par une pierre fort grande : « Ne craignez pas j’étais mort et me voici vivant » (Ap 1,18). 


Chers frères et sœurs, ce temps pascal nous est donné pour revivifier dans nos vies l’« aujourd’hui » de l’annonce faite aux femmes porteuses de parfum. Auprès de nos frères et sœurs souffrants, proches ou lointains, n’avons-nous pas à être, chacun d’entre nous et tous ensemble, comme ces porteuses d’aromates ? C’est notre plus haut service qui résume tous les autres : « servir le corps de Jésus dont chaque être humain est un membre aimé ». N’est-ce pas là une mission et une vocation spécifique des Foulards Blancs ? N’est-ce pas là le rappel de ce que Jésus avait montré à ces apôtres à la dernière Cène et qu’il a légué à son Église ? « Le Seigneur Jésus, sachant que le Père avait tout remis entre ses mains, qu’il était venu de Dieu et qu’il retournait à Dieu, se leva de table, quitta son vêtement et prit un linge qu’il se noua à la ceinture; puis Il versa de l’eau dans un bassin : Il se mit à laver les pieds de ses disciples et à les essuyer avec le linge qu’Il avait à la ceinture. » (Jn 13, 3-6). A l’imitation du Jésus Christ, chaque membre de la Communauté accueille ce geste et cet exemple d’abaissement du Seigneur en se mettant lui-même au service de toutes les personnes en besoin d’assistance. Et cela est distinctement concrétisé à Lourdes, en ce lieu de service.


Comme les femmes qui se sont rendues au tombeau du Seigneur, notre communauté a vécu des moments particulièrement difficiles face à la pandémie du Covid : le confinement, la fermeture du sanctuaire aux pèlerins. Nous rendons grâce au Seigneur pour la saison des pèlerinages qui a démarré ce dimanche des Rameaux, le 10 avril, au Sanctuaire, après 2 années marquées par les difficultés imposées par la crise sanitaire. L’heure est venue pour le travail, où chaque membre de la Fraternité devra quitter son vêtement pour revêtir la tenue du service, l’uniforme, et passer au cou le foulard blanc et se mettre à la suite du Christ  avec l’aide de la Vierge Marie pour servir nos frères et sœurs dans le besoin qui viennent à Lourdes. C’est l’occasion pour chacun de nous de vivre une des paroles de la Vierge Marie à Bernadette comme le leitmotiv de l’année pastorale 2022 : « Allez dire aux prêtres », parole qui nous rappelle la mission de Bernadette auprès de l’Église.


Ayons confiance au Seigneur, laissons le Christ ressuscité faire son œuvre en nous tout au long de cet été, c’est lui le Seigneur de nos vies, c’est lui qui conduit l’Église. Il vit, le Christ, notre espérance et il est la jeunesse de ce monde. Tout ce qu’il touche devient jeune, devient nouveau, se remplit de vie. Le Christ vit et te veut vivant ! Il est en toi, il est avec toi et jamais ne t’abandonne : « De même que le Père m’a envoyé, moi aussi je vous envoie » (Jn 20,21). A tous et à chacun heureuse fête de Pâques. Ma proximité dans la prière. 

Père Blaise Ntunga, Cfic
Aumônier des Foulards Blancs
Chapelain du sanctuaire Notre Dame de Lourdes 

Permanence La Rochelle-Saint 2021

Plus que jamais, les Foulards Blancs étaient particulièrement impatients de retrouver la permanence de La Rochelle-Saintes. Aussi, pour placer la permanence sous la protection de la Vierge Marie, la perm de La Rochelle-Saintes, au complet, se rend à la messe dominicale à la basilique du Rosaire le dimanche 1er août à
18h30 et sous le soleil.

Pour cette édition 2021, nous étions cinq Foulards Blancs :
Maéva notre cheffe de perm, Constantin, Léonard, Constance et Marie-Charlotte.
Sept scouts se sont joints à nous, dont 3 cheftaines SUF et 3 compagnons SGDF, toutes découvrant Lourdes pour la première fois, et un chef SGDF, qui avait déjà servi avec les FB il y a quelques années.
Lundi matin, un rallye photo sur le thème des JO nous permit à la fois de faire connaissance, et de découvrir tous les lieux de Lourdes, du sanctuaire à l’accueil Saint Frai, où nous serons amenés à nous rendre lors du pèlerinage. En début d’après-midi, Léonard et Constantin nous formèrent au maniement des voitures bleues, servant pour les déplacements des malades.
En effet, le brancardage représente une part importante du service que nous rendons auprès de nos frères et sœurs malades. Grâce à ces temps de brancardage, nous avons la chance de rencontrer et de discuter avec les pèlerins : que nous accompagnions la même personne sur la semaine, ou que nous changions de pèlerin tous les jours, ces temps sont l’occasion de faire un maximum de rencontres avec ces personnes ainsi que leur vie, parfois très difficile, leurs joies, leurs galères… Et si l’échange verbale s’avère impossible nous communiquons grâce à nos regards et sourires ! Certains pèlerins vont d’emblée nous toucher, comme Guy avec son harmonica, ou Emmanuel, le philosophe, ou encore cette dame qui accompagne sa fille de 56 ans. Avec d’autres, nous prendrons patience en essayant de les comprendre au mieux, et de les confier à Marie dans notre cœur.

Tout est un peu particulier cette année, le sanctuaire est moins fréquenté, notamment par les pèlerinages étrangers, et les masques entravent parfois la communication. Pourtant au fil des jours et des discussions, nous arrivons à découvrir un peu plus les pèlerins: Alain qui venait pour la première fois arrivait enfin à trouver sa place, Emmanuel qui revenait pour la première fois depuis le décès de sa femme est heureux de ce pèlerinage, qui finalement le touche plus que prévu…
Chaque moment, à l’issue de la procession mariale, ou encore du geste de l’eau (remplaçant les piscines, covid oblige) offrent autant d’opportunités pour découvrir ces témoignages lumineux.
Alors que le miracle de Lourdes est de nous remplir de grâces à chaque fois que nous venons en pèlerinage, il arrive aussi malheureusement que nous devions faire face à la réalité : certains pèlerins voient leur santé s’aggraver à l’image d’A.-C et de sa maman qui ont particulièrement touché plusieurs FB.

Cette permanence a aussi été l’occasion de mener un loup garou féroce tout au long de la semaine. Il est important de créer une ambiance et une cohésion de permanence c’est pourquoi les repas au 5e de Saint Frai, le service, ou encore la fin de soirée nous offrent l’occasions de découvrir chaque scout qui s’est engagé pour venir servir à Lourdes. Et ces échanges font tout le sel de la perm !
Tout comme les sessions chants improvisées au déjeuner, pour répéter l’Ave Maria, chanté le dernier soir pour les pèlerins. Ce sont également ces moments où l’on parle de notre foulard blanc et d’engagement, et l’on sèche devant la profondeur de la
réflexion d’un futur FB :  » La vraie joie se trouve dans un service vécu pleinement ». A méditer.
Chaque soir, nous nous retrouvons au sanctuaire, pour grotter (ndlr : prier devant la grotte). Nous chantons pour Marie, ensemble – et c’est un sentiment unique que se laisser porter par le chant de la fraternité! – , et nos voix se font chaque jour plus justes, pour celle qui veille sur nous durant cette semaine.
Jeudi soir, vers 22h30, les permanences de la Rochelle-Saintes, et Besançon sont rassemblées. L’étendard est de sortie, et nous sommes tous en uniforme – différents selon nos mouvements – impeccable comme on dit.

Nous avons eu la joie d’accueillir dans la Communauté Foulards Blancs Agnès et Malo, et d’assister aux engagements Foulards Blancs de Constance et de Paul.
Prière, service et joie. Une fois qu’on a entendu ces mots, ils résonnent encore un moment dans notre cœur, tandis que nous bouclons notre sac. Et toi alors, ne sens-tu pas l’appel de Lourdes ?

Marie-Charlotte, FB

Servir avec les Foulards Blancs

Venir à Lourdes avec la Communauté des Foulards Blancs, c’est venir servir le temps d’une semaine pendant l’été un pèlerinage. Lors de ces permanences réparties sur juillet et août, on vit, sert et prie ensemble.

ivre ensemble, car la Communauté des Foulards Blancs accueille les scouts des différents mouvements de scoutisme catholique. On y vit comme pendant la Route, à tour de rôle chacun est responsable de la cuisine, de la vaisselle, de l’organisation de la veillée, etc… On n’y vit pas qu’entre scouts, puisqu’à travers le service on côtoie la vie des malades: partager un temps d’attente avant une célébration, participer au service à table et parfois faire les réveils et les gardes de nuit.

Servir ensemble, c’est ce que l’on vient chercher lorsque l’on vient servir à Lourdes. Bien souvent, on pense que servir, c’est le brancardage et emmener des personnes d’un endroit à un autre. Le service, c’est avant tout venir à la rencontre de l’autre et se laisser transformer par cette rencontre. C’est une double rencontre, d’abord celle de celui qui souffre puis à travers elle celle du Christ. Cette rencontre peut être furtive: un regard, un sourire, un mot gentil ou plus approfondi: une discussion, un temps de prière, un passage aux piscines. Cette rencontre on ne la vit pleinement que si on sait se rendre disponible et accueillir ceux qui nous entourent.

Prier ensemble, car ce temps de service s’inscrit également dans une démarche pèlerine. Outre le fait que les journées sont rythmées par la prière du matin et celle du soir face à la grotte. Les permanences suivent un pèlerinage diocésain ou le pèlerinage national, il est donc possible de suivre le déroulement d’un pèlerinage à Lourdes avec la messe quotidienne, le chapelet, l’adoration, la réconciliation et la procession mariale. Parfois, c’est le service qui nous amène à la prière lorsque l’on accompagne un malade aux piscines ou aux chapelles de lumière.

C’est pour toutes ces choses que je reviens à Lourdes chaque année, que j’ai choisi de prendre mon foulard blanc et de m’engager auprès de cette communauté. Ce qu’on vit à Lourdes nous enrichit et nous fortifie dans notre foi. C’est une grâce de pouvoir y revenir chaque année y déposer ce qui parfois nous pèse et nous peine. Nous sommes tous malades de quelque chose et Notre-Dame est là pour nous réconforter et nous donner l’impulsion pour l’année à venir.

Sainte Bernadette disait : « Je suis le balai dont la Vierge s’est servie. Qu’est ce qu’on fait d’un balai lorsque l’on a fini de s’en servir ? On le range derrière la porte. » Demandons la grâce d’être à notre tour le balai de la Vierge : disponible pour le service et toujours à portée de main. Sachons prendre notre place auprès de Notre-Dame et accepter avec humilité les tâches qui nous sont confiées.

Paul L. – FB

Permanence Besançon ’21

Ayant servi pour la première fois à Lourdes en août dernier avec les Foulards Blancs (FB), il m’a été demandé d’écrire sur cette expérience nouvelle. Je le fais volontiers, en espérant que, si Dieu veut, ces quelques lignes pourront donner à d’autres l’envie de rejoindre l’aventure (ou du moins, qu’elles ne les en dissuaderont pas !). Je retiendrai ici deux aspects qui, à mon avis, rendent l’expérience FB originale par rapport à celles que l’on peut vivre habituellement dans le scoutisme.

Le premier peut paraître tout bête mais il est, je pense, déterminant : l’amitié scoute inter-mouvements. Aspect déterminant en effet : comment porter la paix et l’amitié aux personnes que nous accompagnerons si nous ne recevons pas d’abord cette paix, cette amitié, ni ne les vivons entre nous ? « C’est à l’amour que vous aurez les uns pour les autres que tous vous reconnaîtront pour mes disciples. »
Les rencontres inter-mouvements sont rares. L’amitié entre les scouts et guides qui en sont issus pourrait paraître abstraite, voire illusoire. (Bon, déjà commençons par la vivre dans nos unités scoutes respectives, ce sera un bon début !) Chez les FB, on arrive dans une équipe – une permanence – composée de guides et scouts venus de différentes associations de scoutisme. De toute la semaine, jamais je n’ai entendu un seul commentaire moqueur ni ironique sur les variétés de pratiques entre nos mouvements. Certes, nous étions issus de branches différentes, mais nous étions surtout réunis par un esprit scout commun, celui-là même qui avait conduit chacun de nous à venir servir à Lourdes. Un moment l’a bien illustré à mes yeux : la cérémonie au cours de laquelle certains d’entre nous s’engagèrent dans la communauté des FB ; moment fort, dont je me souviens avec émotion. C’était lors de la prière du soir, en face de la grotte, de l’autre côté du gave. A cette occasion, plusieurs membres de notre groupe, issus de différents mouvements, déclarèrent publiquement les raisons de leur engagement. La diversité des mots traduisait une même idée, j’ose dire : un même idéal, un idéal de vie. Et cet idéal n’était pas une abstraction romantique mais une exigence à incarner toujours davantage : servir (« s’il plaît à Dieu toujours »), ici à Lourdes comme dans toute notre vie. Et Dieu sait combien nous avons besoin d’être soutenus pour cela. Cet idéal que je portais en moi, j’en ai vu une réalisation à Lourdes, avec les FB. C’est avec l’aide de cette communauté scoute que bien des personnes ont incarné leur promesse scoute, et que bien d’autres le feront à l’avenir si Dieu veut – peut-être toi, qui réfléchis à venir au service l’été prochain ?

Et voici le second aspect : le service avec les FB est une école de disponibilité particulièrement bonne.
On pourrait dire que le scoutisme en soi est école de disponibilité, et c’est sans doute vrai. Mais je pense à la manière dont, parfois, on considère les « temps de service » dans nos groupes scouts.
Je ne sais pas ce qu’il en est pour vous, mais pour ma part, je pourrais caractériser avec précision ces « temps de service », que j’ai vécus en tant que scout, en donnant pour chacun :
– la chose à faire, clairement établie (par exemple : déplacer un tas de bois, ça c’était notre spécialité !)  ;
– la personne ou le groupement de personnes bénéficiaire, également défini (le propriétaire, le monastère…) ;
– sa durée limité (deux heures, ou deux jours…)
Or à Lourdes, la chose à faire n’est pas toujours précisément définie : être avec une personne, passer du temps avec elle, lui être disponible (pourquoi quoi faire ? pour rien à faire peut-être…) Quant aux personnes, quiconque est déjà venu à Lourdes sait qu’elle ne forment pas un « groupement défini » mais une foule, un peuple aux origines et motivations diverses. Et ces personnes sont nombreuses (même en année de coronavirus) ! Bien sûr, il y a, au premier chef, les pèlerins du diocèse que nous accompagnons, voire tel pèlerin du groupe qui m’a été plus particulièrement confié à un moment donné ; mais il y a aussi tel hospitalier avec qui tu peux échanger une parole amicale ; les pèlerins des autres diocèses à qui tu peux offrir un sourire en passant (en extérieur, sinon le masque complique la chose !) ; il y a la foule des pèlerins individuels auprès de qui tu es comme ambassadeur de l’esprit scout ; il y a tes frères et sœurs scouts de la permanence…  Je pense que tout cela aide à dépasser le cadre contractuel dans lequel nous avons parfois tendance à enfermer l’esprit de service (« je t’aide jusqu’à tel point prédéterminé selon de mes intérêts, et pour la suite, trouve quelqu’un d’autre… ») Dans l’Évangile, notre Seigneur déclare : « si votre justice ne dépasse pas celle des scribes et des pharisiens, vous n’entrerez pas dans le Royaume des Cieux. » Et les scouts de certains mouvements chantent dans leur prière : « Seigneur Jésus apprenez-nous… à donner sans compter… » Sans compter au-delà des limites de nos intérêts égoïstes, mais pas davantage en-deçà de notre désir d’être utile : se rendre disponible peut vouloir dire, dans certains cas, accepter d’être inutile ou d’avoir l’impression de l’être. (Cet été 2021 nous a aidé à mieux le comprendre puisque, à cause des restrictions sanitaires, nous n’avons pas pu accomplir une partie du service habituel). Bref, le service avec les FB peut être une bonne école de vie, une école de la disponibilité généreuse à la suite de Notre-Dame de Lourdes : « voici la servante du Seigneur, qu’il me soit fait selon votre parole. » S’il plaît à Dieu, toujours !

Jean M.

Une permanence nationale aux Foulards Blancs.

J’ai eu le plaisir de découvrir Lourdes cet été, la ville sur les pas de Sainte Bernadette, le sanctuaire et les malades avec la Sainte Vierge. Quelle aventure humaine inespérée!

Chacun y vient comme il est : avec son histoire, son sourire et l’envie de rencontrer les pèlerins pour cheminer à leur côté. La vie de communauté avec les Foulards Blancs est une grâce donnée en plus.

Quelle joie d’y rencontrer des anciens emplis de souvenirs et avides de les partager, des nouveaux de tous horizons scouts bientôt unis par le service, la prière et la vie de camp, et d’être choyé par notre cheffe de permanence.

Avec deux amis, nous avons relevé le défi de nous retrouver pour l’été, très loin de notre chère Normandie. Quelques clics nous permettent de nous inscrire, puis l’attente comme une préparation intérieure des cœurs. A l’approche de l’été, notre cheffe de permanence nous sollicite par messages et nous transmet quelques consignes et s’informe régulièrement du moral des troupes. A quelques jours du départ, les sacs sont prêts et l’excitation nous gagne. Les uns arrivent par leur propre moyen – vélo, voiture, car, train – tandis que d’autres débarquent aux côtés des malades par les lignes ferroviaires réservées.

L’installation au camp des jeunes et l’appropriation de ce nouveau lieu de vie sont rapides, moins qu’il n’en faut pour monter les tentes et repérer les blocs sanitaires, la cuisine et notre lieu de veillée, le tout promet confort et bonne ambiance. De plus, nous rencontrons d’autres jeunes : pelé soleil, espoir, sourire, et d’autres scouts venus campés en unité. Nos voisins n’auront de cesse de pimenter nos repas – bonne humeur garantie.

Cette année est un peu particulière pour l’accueil des pèlerins sur le sanctuaire… Les piscines sont fermées et remplacées par le symbolique “geste de l’eau”, souvenir du labeur de la jeune Soubirous à la grotte de Massabielle ; les brancardiers œuvrent de pair avec un hospitalier au service d’un pèlerin attitré. Dans l’ensemble, moins de personnes malades sont accueillis mais j’ai l’impression que la qualité de l’accompagnement est au rendez-vous. C’est aussi l’occasion de rencontrer ces malades personnellement tout au long de la semaine et vivre intensément avec elles ce pèlerinage. En résumé, des rencontres fortes se développent au cours du séjour, en témoignent les larmes partagées et les embrassades la veille du départ.

Point météo lourdais, il fait bon vivre près des Pyrénées, sauf lorsque la bruine s’installe dans la vallée ou pire selon moi, que le soleil entre dans la danse. Heureusement nous bénéficions d’un temps couvert et lumineux la plupart du temps.

Du relief, je porte à votre attention deux points remarquables. D’une part la belle côte qui relie le village des jeunes au sanctuaire, au choix par l’allée des hôtels ou le chemin de croix. D’autre part, les ponts qui mènent à l’une des quatre chapelles du sanctuaire. Autant d’occasions de mouiller la chemise, je vous laisse le soin de vous faire une idée par vous même !

Dans l’ensemble, une semaine dense rythmée par le service aux malades et ponctuée de prières et de temps fraternels, source de joie et d’apaisement. Quelques mots ne suffisent pas à retranscrire l’état d’esprit que nous partageons lors de notre dernière escapade dans les monts environnants. Nous sommes simplement ravis du temps donné, des amitiés nouées, et plein d’espérance pour l’avenir. 

Merci à tous, de notre aumônier à notre cheffe de permanence, en passant évidemment par les anciens qui nous rendent visite et les joyeux bénévoles de cette année. J’espère de tout cœur vous croiser bientôt ou mieux encore, l’été prochain en pays occitan.

Fraternel salut scout <3

Dylan

Un été 2020

La statue de la Vierge, dans la grotte de Lourdes

Ça y est l’été est là, et apporte cette année son lot de joies simples : joie de participer à la messe, joie de voir ces images du sanctuaire de Lourdes de nouveau parcouru par les pèlerins, joie de pouvoir se retrouver 🎉
Ce retour vers la normalité ne nous fait pas oublier que les plus vulnérables face à la situation sanitaire qui persiste sont ceux que nous avons l’habitude de servir lors de nos pèlerinages à Lourdes. Face à ce constat douloureux mais réaliste, les diocèses de Grenoble, La Rochelle-Saintes, Besançon-Belfort-Montbéliard et Le Havre ont annoncé l’annulation de leur pèlerinage diocésain, entraînant par la même occasion l’annulation des permanences Foulards Blancs.
Une belle occasion de se réjouir néanmoins : le Pèlerinage National des assomptionnistes sera maintenu cet été ! Il se tiendra bien évidemment dans des conditions particulières, et le maintien de la permanence Foulards Blancs est en discussion.
Pas facile d’accepter que cet été, notre service ne prendra pas sa forme habituelle, près des chaises bleues et de leurs couvertures pimpantes. Heureusement, d’autres alternatives fleurissent pour faire résonner différemment les trois piliers des Foulards Blancs : servir ensemble, prier ensemble, vivre ensemble.
Chacun peut personnellement retrouver le chemin du service là où il est, en reprenant contact avec les personnes rencontrés en pèlerinage ou en se proposant auprès des paroisses pour être mis en contact avec des personnes isolées.
Depuis le confinement, le sanctuaire de Lourdes continue d’accompagner nos intentions de prières en faisant brûler des bougies, grâce à l’initiative « Une flamme, une présence » 🔥 qui permet de faire allumer un lumignon et de se joindre à la communauté de pèlerins dans la prière. Rendez-vous ici : https://www.lourdes-france.org/une-flamme-une-presence/
Enfin les Foulards Blancs ne manqueront pas de se retrouver au cours de la période estivale pour continuer de faire vivre et grandir la fraternité FB jusqu’à la rentrée 2020. 📆😎
A bientôt pour de nouvelles aventures 🌟

Décès de Dominique de Saboulin

Dominique de Saboulin avec sa femme Solange

C’est avec tristesse que nous avons appris le décès de Dominique de Saboulin.

Dominique a été chef du Clan Notre-Dame de Lourdes au sein des Foulards Bleus et a oeuvré, aux côtés de sa femme Solange, pour la réunification des Foulards Bleus et des Foulards Blancs. Il a notamment été le premier Foulard Bleu à recevoir son Foulard Blanc. Dominique et Solange ont servi à Lourdes jusqu’en 2017. Ses obsèques ont été célébrées le 4 décembre.

Je me suis retrouvé à Lourdes sans vraiment savoir pourquoi

Ils sont jeunes, ils sont scouts : les Foulards Blancs témoignent de leur service auprès des plus petits d’entre nous.

Êtes-vous déjà allés à Lourdes pendant l’été ? Si oui, il est très probable que vous ayez déjà croisé, au détour du sanctuaire, une caravane d’étranges engins bleus, roulant par dizaines d’un lieu de prière à l’autre. À l’arrière, des malades ou des personnes âgées venant en pèlerinage, qui n’ont plus la force de marcher toute la journée ; devant, des bénévoles qui ont pris une semaine de leur été pour se mettre à leur service. Quelques uniformes scouts se détachent de cette assemblée. Venant de toute la France, ils sont nombreux à décider chaque année de se joindre aux Foulards Blancs.

Qu’est ce que la Communauté des Foulards Blancs ?

Créée en 1926, cette communauté est composée de scouts de tout horizon qui ont décidé de se mettre au service des malades. Elle repose sur trois piliers : servir ensemble, vivre ensemble et prier ensemble. Ceux qui la composent ont pris leur Foulard Blanc, un foulard bien particulier qui est symboliquement taillé dans les draps des malades. Par cet engagement qui reprend la promesse scoute, ils promettent de se mettre au service des malades ainsi que de la communauté. Chaque été, ils se joignent donc aux hospitaliers pendant une semaine pour rendre ce pèlerinage aussi agréable que possible aux malades.

Ils sont tombés dedans quand ils étaient scouts

Les permanences pendant l’été sont assurées par des Foulards Blancs qui sont en moyenne quatre ou cinq par semaine. Mais à ceux-ci se rattachent tous les ans des scouts et guides de tous horizons, venant achever leur camp par une semaine de service à Lourdes. Très souvent en clan ou en feu, mais parfois aussi seuls, les jeunes qui arrivent à Lourdes découvrent un service dont ils ignorent tout. Aujourd’hui Foulard Blanc, Thibaut, 21 ans, témoigne : « Je me suis retrouvé à Lourdes sans vraiment savoir pourquoi. Je suis parti avec mon clan. J’avais 17 ans. C’était une période pendant laquelle je n’avais plus de réelle vie religieuse. J’allais à l’église uniquement avec les scouts. Cette semaine m’a permis de découvrir des choses que je ne pensais pas découvrir. »

« Un service où l’on reçoit bien plus que l’on ne donne »

À première vue, ce service n’a rien d’une partie de plaisir. Levés aux aurores chaque matin après une nuit sous la tente pour aller laver les chambres des malades en respectant des règles bien précises, les Foulards Blancs ainsi que les scouts qui les accompagnent passent ensuite leur journée à brancarder d’un lieu à l’autre. La rencontre avec les malades est intimidante, car l’inconnu fait souvent peur. Thibaut raconte sa première journée : « À l’époque, j’avais une forme de peur des personnes âgées. Je me souviens que quand les malades sont arrivés, j’ai failli faire une crise d’angoisse… mais tout le monde était dedans, donc j’ai suivi ».

Puis, très vite cette communauté hétéroclite de jeunes et d’anciens trouve son équilibre. Pour les malades, cette semaine est l’occasion de rencontrer des jeunes pleins de vie qui sont heureux d’échanger avec eux, un luxe que les maisons de retraites ou les maisons spécialisées offrent rarement. Pour les jeunes, c’est l’occasion de s’oublier en offrant un peu de leur temps. Juliette, jeune Foulard Blanc affirme que cette semaine « offre la chance de pouvoir allier service, rencontre, émotions et ambiance », ce à quoi Miriam ajoute que c’est « un don de soi dans lequel on reçoit plus que l’on ne donne ». Quant à Thibaut, malgré ses appréhensions de départ il confie : « Cette semaine m’a permis de découvrir des personnes qui malgré l’âge et la maladie ont un espoir immense et une joie de vivre totale. »

Pour beaucoup, ces jeunes ne savaient donc pas où ils mettaient les pieds en arrivant. Pour tous, ils repartiront marqués par les rencontres qu’ils ont faites. Cet été, l’aventure continuera de plus belle, l’occasion pour les jeunes de la France entière de « sortir de leur canapé », comme l’exhortait le pape François aux dernières JMJ, pour « agir et laisser une empreinte dans ce monde ».

D’après un article de Clémence Vié pour Aleteia (https://fr.aleteia.org/2017/02/03/je-me-suis-retrouve-a-lourdes-sans-vraiment-savoir-pourquoi/)

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