Les Guérisons

 

Dans la nuit du 1er mars 1858, Catherine Latapie, animée d’une force mystérieuse, se rend à la Grotte de Massabielle avec ses deux enfants. Elle parcourt à pied les 6 km qui séparent Loubajac, son village, de Lourdes.

On l’imagine dans la nuit et le froid, avec deux jeunes enfants, enceinte, gênée par sa main droite inerte… Deux ans plus tôt, une mauvaise chute du haut d’un arbre provoque une luxation de l’épaule droite. N’ayant pas été soignée à temps, celle-ci a entrainé une lésion du nerf ulnaire. C’est le nerf de la flexion de la main et du poignet. La voilà bien handicapée, avec deux enfants et le petit à naître dans quelques jours ! Arrivée à la Grotte, Catherine plonge sa main dans le mince filet d’eau boueuse que Bernadette a découvert quelques jours plus tôt (le 25 février, lors de la 9ème apparition). Instantanément, Catherine retrouve l’usage de sa main paralysée depuis deux ans!

Mais prise par les douleurs de l’enfantement, elle retourne chez elle en toute hâte. Elle accouche le lendemain d’un petit garçon prénommé Jean-Baptiste.

Pas moins de sept guérisons « miraculeuses » seront reconnues par Mg Laurence, l’Evêque de Tarbes, pour l’année 1858.

 

Ces guérisons, nombreuses et spectaculaires conduisent Mg Laurence à constituer une commission médicale, confiée au Professeur Vergez, pour en contrôler l’authenticité. En 1883, le Bureau des Constatations Médicales est créé. Sa mission est d'examiner les guérisons rapportées par les pèlerins, et lorsqu’elles paraissent réelles, d’ouvrir un dossier et de réaliser une véritable enquête médicale et scientifique pour répondre à la question suivante : la guérison est-elle effective, durable et inexpliquée en l’état actuel des connaissances médicales ? Les dossiers les plus sérieux sont présentés aux médecins du Comité Médical International de Lourdes. Les investigations se poursuivent, en général une dizaine d’années… Le Comité Médical International de Lourdes est reconnu dans le monde entier pour sa rigueur scientifique. Il ne se prononce pas sur la nature «miraculeuse» de la guérison, il la déclare seulement «inexpliquée en l’état actuel des connaissances».

 

Enfin, lorsqu’une guérison est déclarée «inexpliquée», le dossier est transmit à l’évêque du diocèse de résidence de la personne guérie. C’est lui qui déclarera, ou non, que la guérison est «miraculeuse», signe de la miséricorde de Dieu.

Pour être déclarée miraculeuse, la guérison doit répondre aux critères de Lambertini, définis aux XVIIIème siècle :

  • la maladie doit avoir un caractère de gravité, avec un pronostic défavorable
  • la réalité et le diagnostic de la maladie doivent être assurés et précis
  • la maladie doit être uniquement organique (c’est à dire que le maladies psychiques ou psychiatriques sont exclues)
  • un éventuel traitement ne doit pas avoir été́ à l’origine de la guérison
  • la guérison doit être subite, soudaine, instantanée
  • la reprise des fonctions doit être complète, sans convalescence
  • il ne s’agit pas d’une rémission mais d’une guérison durable

Jean-Pierre BELY, 66ème miraculé de Lourdes (1999)

 

Après l'onction des malades, une profonde paix.

La famille Bély mène une vie paisible dans son pavillon de la banlieue d’Angoulême. Jean-Pierre, marié à Geneviève et père de deux enfants, est infirmier à l’hôpital, jusqu’à ce qu'en 1972, les premiers symptômes d’une sclérose en plaques apparaissent. L’état de Jean-Pierre se dégrade d’année en année, si bien qu’il est bientôt déclaré «invalide à 100% à titre définitif avec bénéfice d’une tierce personne». En octobre 1987, alors qu’il est devenu grabataire, il se rend à Lourdes pour le pèlerinage du Rosaire. Après l’onction des malades, le troisième jour, il ressent une profonde paix intérieure. Puis, soudainement, il retrouve la sensibilité tactile et peut à nouveau bouger. Sur le moment, il n’ose pas se mettre debout. Dans la nuit suivante, une voix intérieure lui répète : «Lève-toi et marche». Ce que fait Jean-Pierre Bély. Comme il aime lui-même le souligner, «le Seigneur a guéri d’abord mon cœur, et ensuite mon corps». Après douze ans d’enquêtes médicales, Mgr Claude Dagens, évêque d’Angoulême, suite à l’avis favorable d’une commission canonique, déclare que cette guérison est « un signe effectif de Christ Sauveur, qui s’est accompli par l’intercession de Notre-Dame de Lourdes ».

Anecdote amusante, la sécurité sociale ne reconnaissant pas les miracles, considère toujours Jean-Pierre BELY invalide à 100% !

 


Danila CASTELLI, 69ème miraculée de Lourdes (2013)

 

A la sortie des piscines, un extraordinaire bien être.

Née le 16 janvier 1946, Danila Castelli, épouse et mère de famille, a mené jusqu'à l'âge de 34 ans une vie ordinaire, quand elle a commencé à souffrir de crises hypertensives spontanées graves. En 1982, des examens radiologiques et des échographies mettent en évidence une masse para-utérine et un utérus fibromateux. Danila subit alors une hystérectomie et une annexectomie (opération qui consiste à extraire l’utérus). En novembre 1982, elle subit une ablation partielle du pancréas. Une scintigraphie confirme l'année suivante la présence  de « phéochromocytome » (affection tumorale produisant des catécholamines, hormones de stress responsables d’hypertention arterielle) dans la région du rectum, de la vessie et du vagin. Plusieurs interventions chirurgicales sont alors réalisées dans l'espoir d'éliminer les points provoquant les crises de tension artérielle, jusqu'en 1988, sans aucun résultat. En mai 1989, lors d'un pèlerinage à Lourdes, Danila sort des piscines du sanctuaire où elle a été baignée et ressent un extraordinaire bien être. Elle déclare bientôt sa guérison subite au Bureau des Constatations Médicales de Lourdes. Après cinq réunions (1989, 1992, 1994, 1997 et 2010) le Bureau constate la guérison par un vote formel et unanime : « Mme Castelli est guérie, de manière complète et durable, depuis son pèlerinage à Lourdes en 1989, il y a 21 ans, du syndrome dont elle souffrait,  et ceci sans relations  aux interventions et aux traitements ». Danila Castelli a depuis lors repris une vie tout à fait normale. Le CMIL (Comité Médical International de Lourdes) dans sa séance du 19 novembre 2011 à Paris a certifié « que le mode de sa guérison reste inexpliqué dans l'état actuel des connaissances scientifiques ».  Le 20 juin 2013, Mgr Giovanni Giudici, évêque du diocèse de Pavie (Italie) où réside Danila Castelli, a déclaré le caractère « prodigieux-miraculeux » et la valeur de «signe» de cette guérison. C'est la 69ème guérison de Lourdes reconnue miraculeuse par un évêque.


 

La plupart des guérisons surviennent au contact de l’eau de la Grotte. Il arrive qu’elles aient lieu lors de l’onction des malades ou de la procession Eucharistique. Ce sont donc des moment forts dans le pèlerinage d’une personne malade.

 

Quelques statistiques amusantes…

78% des miraculés sont des femmes. Il y a seulement 10 hommes et 4 enfants sur les 69 guérisons reconnues.

La moyenne d’âge est de 32 ans. Le plus jeune miraculé avait seulement 2 ans, il a été guérit d’un trouble de croissance en 1858 après avoir été plongé par sa mère dans l’eau de la grotte.

78% des miraculés sont Français ! Viennent ensuite les Italiens, avec 8 guérisons sur 69.

La pathologie la plus représentée est la Tuberculose (25 sur 69, si l’on ajoute les autres infections, cela fait 50% des guérisons). Il faut se souvenir que les antibiotiques permettant de guérir de cette maladie ne sont apparus que dans les années 1950.

 



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