La vie de Sainte Bernadette

Lourdes, au XIXe siècle, est un chef lieu de canton de 4000 habitants, parmi lesquels on compte des notables, avocats, médecins et officiers, mais aussi des manœuvres et petits artisans, tels les meuniers. Les moulins sont nombreux. Certains se trouvent hors de la ville, le long du Lapaca, l'un des ruisseaux qui se jettent dans le Gave. Le 7 Janvier 1844, Bernadette Soubirous naît dans l'un d'entre eux.

Le Moulin du bonheur

 

Le Moulin de Boly est exploité depuis 1786 par la famille maternelle de Bernadette, les Castérot. Cette maison est loin d'être misérable. Bernadette y habite pendant 10 ans avec ses parents, François Soubirous et Louise Castérot, des meuniers qui gagnent dignement leur vie et s'aiment profondément. C'est dans cet amour qu'ils puiseront toutes les forces nécessaires pour tout supporter. Ils auront 9 enfants dont 5 mourront en bas âge. Bernadette appelle ce lieu

« Moulin du bonheur », parce qu'elle y fait, grâce à ses parents, la découverte essentielle de l'amour humain. Cette expérience fera d'elle une personne véritablement équilibrée, surtout au moment de l'épreuve, de la misère et de la maladie.

Les épreuves

 

A partir de 1854, plusieurs évènements vont bouleverser la vie de la famille. Un accident de travail, d'abord, vient handicaper François Soubirous, l'éclat de pierre d'une meule lui crève un œil. Plus tard, il est faussement accusé, par le boulanger de Lourdes, d'avoir volé deux sacs de farines. Puis c'est la sécheresse qui, pendant deux ans consécutifs, prive la région de récolte de blé, réduisant les meuniers au chômage. Apparaissent alors, en cette période de révolution industrielle, les premiers moulins à vapeur, que les moulins à eau sont incapables de concurrencer. Tous, en commençant par celui de Boly, font faillite.

Au même moment, le choléra s'abat sur Lourdes, faisant 38 morts. Plusieurs centaines de personnes sont atteintes par la maladie, dont Bernadette, qui en portera les séquelles toute sa vie. Les Soubirous sont réduits à la plus extrême misère. Ils n'ont plus de logement, plus de travail, plus de nourriture. Un cousin, André Sajous, met gratuitement à leur disposition une pièce de 16m2, le « Cachot », une ancienne prison désaffectée car insalubre. Ils s'y installent au début de l'hiver 1857. On leur prête deux lits, un pour les parents et un pour les quatre enfants.

Meurtrie par tous les évènements qui ont conduit les siens au banc de la société, Bernadette souffre d'un double sentiment d'exclusion. Dans son village d'abord, on montre du doigt celle qui habite le « Cachot » et que l'on appelle

« la fille du voleur Soubirous ». Dans sa paroisse, ensuite. Elle va à la messe tous les dimanches, mais contrairement à ses camarades, elle n'est toujours pas admise à communier. En effet, le travail et la maladie la tiennent éloignée de l'école, et malgré ses 14 ans, elle ne sait ni lire ni écrire ni s'exprimer en français. Elle ne parle que le patois de Lourdes or le catéchisme s'apprend en français.

En 1857, les Soubirous acceptent la proposition de l'ancienne nourrice de Bernadette de prendre celle-ci comme employée de ferme, à Bartrès, petit village proche de Lourdes. C'est son désir de faire sa première communion qui conduit Bernadette à retourner au « Cachot » en janvier 1858, quelques semaines avant les apparitions.

Les apparitions


Le 11 février 1858, Bernadette, sa sœur Toinette et leur amie Jeanne Abadie, s'en vont chercher du bois le long du Gave. Arrivées devant la Grotte de Massabielle, aussi appelée « Tute aux cochons » parce que c'est là que l'on conduisait les porcs, Toinette et Jeanne traversent l'eau glaciale du canal. Bernadette, à cause de son asthme chronique, hésite à en faire autant. C'est alors qu'elle « entend un bruit comme un coup de vent », pourtant « aucun arbre ne bouge ». Levant la tête, elle voit, dans le creux du rocher, une petite demoiselle, enveloppée de lumière, qui lui sourit. « J'aperçus une dame vêtue de blanc, elle portait une robe blanche, un voile blanc, également, une ceinture bleue et une rose jaune sur chaque pied ». Elle fait son signe de croix et récite le chapelet avec la Dame. La prière terminée, la Dame disparaît. Aucune parole n'a été prononcée. Entre elle et Bernadette a eu lieu un cœur à cœur priant, dans le silence. Trois jours plus tard, Bernadette ressent une force intérieure qui la pousse à retourner à la Grotte malgré l'interdiction de ses parents. Devant son insistance, sa mère l'y autorise. Après la première dizaine de chapelet, elle voit apparaître la Dame, et lui jette de l'eau bénite. La Dame sourit et incline la tête. La prière du chapelet terminée, elle disparaît.

« Je suis l'Immaculée Conception »

Le 25 mars 1858, jour de l'Annonciation, c'est la 16ème apparition, Bernadette se rend à la Grotte où, sur l'initiative de l'Abbé Peyramale, curé de Lourdes, elle demande à la Dame de dire son nom.
 Par trois fois, Bernadette pose la question. A la 4ème demande, la Dame lui répond en patois : « Que soy era immaculada councepciou » (Je suis l'Immaculée Conception). Bernadette ne comprend pas immédiatement le sens de cette parole. Elle se rend aussitôt chez le Curé, pour lui transmettre la réponse de la Dame.

Le 16 Juillet 1858, c'est la dernière apparition. En la fête de Notre-Dame du Mont Carmel, Bernadette est sur la prairie de l'autre côté du Gave. Elle voit la Dame pour la dernière fois, malgré les barrières placées devant la Grotte par la police. « Elle était plus belle que jamais », dit-elle. Le 21 juillet, Mgr Laurence, évêque de Tarbes, constitue une commission d'enquête sur les faits de Massabielle. 


La Première Communion

 

Ne pas pouvoir communier était une grande souffrance pour Bernadette. Le 3 juin 1858, quelques semaines avant la dernière apparition, elle est enfin admise à faire sa première communion. C'est le jour de la Fête Dieu, dans la discrète chapelle de l'Hospice, entourée par les Sœurs de Nevers et d'autres enfants aussi pauvres qu'elle. Elle a été rendue possible par le témoignage de l'un des prêtres de Lourdes, l'Abbé Pène, « En Bernadette, tout se développe harmonieusement ». 
Mais la première communion de Bernadette fait également suite à sa première confession. Celle-ci remonte au 13 février 1858, c'est-à-dire entre la première et la deuxième apparition. Entre le moment où elle s'est confessée pour la première fois et celui où elle a pu communier, c'est à travers seize apparitions, seize rencontres, que Marie a préparé Bernadette à recevoir Jésus. 


 

La vie religieuse


Le 5 février 1860, Bernadette est confirmée, et au mois de juillet de la même année, devient pensionnaire chez les sœurs de l'Hospice. Elle s'appelle désormais Sœur Marie-Bernard. Le 4 juillet 1866, Bernadette part pour Nevers. Ce départ est un déchirement, «C’est le plus grand sacrifice de ma vie» dira-t-elle. A son arrivée, Bernadette raconte les apparitions. Désormais, elle n'en parlera plus sinon à la demande de ses supérieures, elle 
veut rester la plus petite des petits.
 Sœur Mare-Bernard est souvent malade, ce qui ne l’empêche pas d’être joyeuse et pleine d’humour. Toute sa vie, elle vivra le mystère de la Rédemption.
 Le 25 Octobre, elle reçoit l'extrême onction et prononce ses vœux in articulo mortis.

A partir de 1875, après avoir été infirmière puis aide sacristine, Sr Marie-Bernard n'a plus d'emploi, sinon d'être malade. Elle prononce ses vœux perpétuels le 22 septembre 1878. Depuis le mois de Décembre 1878, elle ne quitte plus l’infirmerie et le 28 mars 1879, elle reçoit l'extrême onction pour la 4ème fois.

Le 16 avril 1879, Sœur Marie-Bernard quitte ce monde pour entrer dans la Vie.

Lors de l’instruction du procès de sa béatification, son corps est exhumé et découvert intact ! Le pape Pie XI déclare Bernadette « bienheureuse » le 2 juin 1925 et son cops est déposé dans le chœur de la chapelle du couvent à Never dès le mois d’Aout.

Sainte Bernadette est canonisée le 8 décembre 1933 par le pape Pie XI.



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