Le Message de Lourdes

Le message de Lourdes est constitué des gestes et des paroles échangés entre la Vierge Marie et Bernadette Soubirous, à la Grotte de Massabielle, au cours de dix-huit apparitions. Ce message peut se résumer ainsi : Dieu est Amour et il nous aime tels que nous sommes.

 

Au temps de Bernadette, la Grotte était un lieu sale, obscur, humide et froid. On appelait cette Grotte la « Tute aux cochons », parce qu’on y conduisait les porcs. C’est là que Marie, toute blancheur, toute pureté, a voulu apparaître. Il y a un immense contraste entre cette Grotte obscure, humide, et la présence de la Vierge Marie, l’Immaculée Conception. Cela nous rappelle l’Evangile : la rencontre entre la richesse de Dieu et la pauvreté de l’homme. Le Christ est venu chercher ce qui était perdu. La Grotte n’est pas seulement un lieu géographique, c’est aussi un lieu où Dieu nous fait signe pour nous dévoiler son cœur et notre propre cœur.

 

Lors de la troisième apparition, le 18 février, la Vierge parle pour la première fois. A Bernadette qui lui tend une feuille de papier et un crayon pour qu’elle inscrive son nom, « la Dame » réplique : « Ce que j’ai à vous dire, ce n’est pas nécessaire de le mettre par écrit ». Marie veut entrer avec Bernadette dans une relation qui est de l’ordre de l’amour, qui se situe au niveau du cœur.

 

A la deuxième parole de la Vierge : « Voulez-vous me faire la grâce de venir ici pendant quinze jours ? », Bernadette est bouleversée, elle qui n’avait jamais été vouvoyée. Elle illustrera cette parole en disant : « Elle me regarde comme une personne regarde une autre personne ». L’homme, créé à l’image et à la ressemblance de Dieu, est une personne. Nous sommes tous dignes aux yeux de Dieu parce qu’aimés par lui.

 

Troisième parole de la Vierge : « Je ne vous promets pas de vous rendre heureuse en ce monde, mais dans l’autre ». La Vierge Marie transmet à Bernadette la certitude d’une terre promise qui ne pourra être atteinte que par delà la mort. Elle ouvre notre cœur à l’espérance du bonheur céleste et éternel.

 

Les gestes de Bernadette sont des gestes bibliques qui expriment l’Incarnation, la Passion et la Mort du Christ. Marcher à genoux jusqu’au fond de la Grotte : c’est le geste de l’Incarnation, de l’abaissement de Dieu fait homme. Et Bernadette embrasse la terre pour signifier que cet abaissement est bien le geste de l’Amour de Dieu pour les hommes. Manger les herbes amères rappelle la tradition juive de la Pâque : l’agneau est égorgé, vidé puis rempli d’herbes amères et l’on prononce sur lui la prière : « Voici l’Agneau de Dieu qui prend sur lui, qui enlève toutes les amertumes, tous les péchés du monde ». Se barbouiller la figure : le prophète Isaïe, lorsqu’il parle du Messie, du Christ, il le montre sous les traits du Serviteur souffrant. « Parce qu’il portait sur lui tous les péchés des hommes, son visage n’avait plus figure humaine », précise Isaïe.

 

Ces gestes que Bernadette accomplit sont des gestes de libération. La Grotte est désencombrée de ses herbes, de sa boue. Ainsi est révélé un trésor immense, incommensurable, qu’il faut absolument mettre à jour. A la neuvième apparition, « la Dame » demande à Bernadette d’aller gratter le sol, en lui disant : « Allez à la source, boire et vous y laver ». Et voici qu’un peu d’eau boueuse commence à couler, suffisamment pour que Bernadette puisse en boire. Et voilà que cette eau devient, petit à petit, transparente, pure, limpide.

 

Par ces gestes, nous est dévoilé le mystère même du cœur du Christ : « Un soldat, de sa lance, lui transperça le cœur et, aussitôt, jaillit du sang et de l’eau ». Mais aussi les profondeurs du mystère du cœur de l’homme, créé à l’image et à la ressemblance de Dieu : « L’eau que je te donnerai, deviendra en toi source jaillissant en vie éternelle ». Le cœur de l’homme, blessé par le péché, est signifié par les herbes et la boue. Mais au fond de ce cœur, il y a la vie même de Dieu, signifiée par la source. Ce renouveau du cœur s’obtient de Dieu par la prière de supplication et la pénitence qui exprime la conversion, cette pénitence à laquelle la Vierge exhorte Bernadette. Ainsi, la grâce œuvre dans le cœur de l’homme en le purifiant, en renouvelant en lui la grâce du baptême qui rend pur à l’image de la pureté de celle qui est l’Immaculée Conception.



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